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55 JOURS APRÈS, LA FRANCE SORT DU CONFINEMENT ET SE REMET EN MOUVEMENT

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C’est le jour J. Ce lundi 11 mai, les Français sortent officiellement du confinement qui a duré près de 55 jours.  Avec masques de rigueur dans les transports et casse-tête sanitaire à l’école, sur fond de crainte que la reprise déclenche une nouvelle flambée de l’épidémie de coronavirus.

A 06H00, les premiers métros parisiens étaient bondés – en raison notamment d’un incident d’exploitation sur la ligne 13 très fréquentée – mais la situation s’est améliorée au fil des heures, ont constaté des journalistes. Quasiment tous les voyageurs portaient des masques. Pour ceux qui n’en avaient pas, des bénévoles de la Protection civile en distribuaient par lots de dix à l’entrée d’une cinquantaine de stations du métro.

Reconfinement?

Cette remise en mouvement, vitale pour relancer une économie plongée dans une récession jamais vue depuis la Deuxième guerre mondiale avec un chômage partiel touchant plus de 12 millions de personnes, inquiète au plan sanitaire. D’autant que l’apparition de trois nouveaux foyers d’infection dans des zones en « vert », dans l’ouest, souligne les dangers de ce retour.

L’un a été enregistré dans un collège où des personnels préparaient la reprise. Un autre dans une entreprise. « Ça ne me surprend pas », a indiqué le ministre de la Santé Olivier Véran sur BFMTV. « On va devoir vivre avec le virus pendant quelques temps et la reprise du confinement ce n’est pas la reprise de la vie comme avant », a-t-il souligné. Il a précisé que le taux de contagion au virus était actuellement de 0,6. « Tant que c’est en dessous de 1, l’épidémie décline », a-t-il dit. « Si le virus devait reprendre sa course folle et des risques pour la santé des Français nous serions amenés à prendre de nouveau des mesures de confinement », a-t-il insisté.

Des distributions de masques jetables étaient aussi assurées en banlieue parisienne par la Croix-Rouge. Au total, 250 points d’approvisionnement ont été installés en Île-de-France. A Marseille, la gare Saint-Charles, plateforme de connections entre bus interurbains, trains et métro, ne connaissait pas le bouillonnement habituel d’un lundi matin. « C’est une ambiance de science-fiction avec tous ces gens masqués, beaucoup moins de monde que d’habitude », lâche Camille, éducatrice. « Dans le métro à Marseille, d’habitude c’est vivant, les gens parlent, se sourient là, là c’était déprimant de voir juste des yeux et des visages masqués. Le confinement était finalement peut-être un cocon, mais le déconfinement ça va être dur aussi », ajoute-t-elle.

Quatre régions en « rouge »

« Près de 86% » des 50.500 écoles de France vont ouvrir, pour accueillir « plus de 1,5 million d’enfants », sur un total de 6,7 millions d’écoliers en maternelle et élémentaire, a assuré au Journal du Dimanche le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer.

Les collégiens doivent retrouver plus tard en mai le chemin des classes (selon que leur zone est verte ou rouge), et une décision sera prise à la fin du mois pour les lycées. Mais de nombreux maires rechignent à rouvrir les écoles face au casse tête des règles sanitaires à faire respecter, notamment par les plus jeunes.

Mêmes préoccupations pour les profs, dont certains envisagent un droit de retrait. Et de nombreux parents craignent de remettre leurs enfants en contact potentiel avec le virus. Le déconfinement marque aussi la fin des attestions à remplir pour tout déplacement. Et la distance dont on peut s’éloigner de son domicile passe de 1 à 100 kilomètres (une raison « impérieuse », notamment familiale ou professionnelle, sera nécessaire pour aller au-delà).

L’interdiction de socialiser est également assouplie et les rassemblements jusqu’à dix personnes autorisés, dans le respect des « gestes barrière ».

Quatre régions (Ile-de-France, Hauts-de-France, Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté) et 32 départements, dont Mayotte, où vivent quelque 27 millions de Français au total, restent classées « rouge » en raison de la circulation toujours rapide du virus et du risque de saturation des hôpitaux.

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