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Bradage du forêt classée de Mbao : Abdou Karim Sall et le maire de Pikine aux bancs des accusés

aks_timbo-1140x570Une sombre histoire de foncier défraye la chronique à Mbao où le ministre de l’Environnement Abdou Karim Sall et le maire de Pikine Abdoulaye Timbo sont pointés du doigt. La première cité aurait octroyé 10 ha dans la forêt classée de Mbao au second, suscitant une révolte des jeunes de la localité. Regroupés au sein d’une plateforme dénommée «Développement durable de Mbao», ils s’opposent à ce qu’ils appellent un « tong tong » foncier.

Le foncier fait l’actualité ces derniers jours au Sénégal. Alors que le dossier du littoral est sur toutes les lèvres, d’autres cas similaires sont signalés un peu partout dans la région de Dakar. A Guédiawaye, le bradage du littoral a poussé certains à se dresser en bouclier pour préserver leur environnement. Non loin de là, à Mbao, une situation similaire a incité les jeunes à agir. Là-bas, c’est le maire de Pikine et le ministre de l’Environnement qui sont cités dans une histoire de foncier. En effet, il est reproché à Abdou Karim Sall de vouloir octroyer 10 hectares à Abdoulaye Timbo, dans la zone de la forêt classée de Mbao. Regroupés au sein d’une plateforme dénommée «Développement durable de Mbao », les jeunes de la localité ont décidé de porter le combat. «Nous avons des preuves que le ministre de l’Environnement va octroyer 10 ha de la forêt classée de Mbao. Il le fait pour que ce dernier ne se présente pas aux prochaines élections locales. C’est un deal entre les deux. On nous parle de 1 ha, mais c’est plus que ça. Et pour convaincre les gens, ils veulent nous faire croire que cette espace servira pour des cimetières », renseigne un membre du collectif préférant garder l’anonymat.

A en croire ces jeunes, seul le chef de l’Etat est habilité à agir de la sorte. Et que pour rien au monde ils ne laisseront ce « tong tong » passer. « Ils n’ont pas le droit de toucher à cette terre qui est un patrimoine, d’autant plus que seul le président de la République a les prérogatives de le faire, via un décret. Nous, en tant que jeunes de la localité de Mbao, nous nous sommes constitués en mouvement pour unir nos forces. Nous allons nous battre pour leur barrer la route », explique-t-il. Dans leur souhait de conscientiser la masse sur l’importance de défendre leur environnement, ces jeunes ont déjà élaboré une stratégie. Ils vont débuter avec un point de presse prévu ce jeudi, mais aussi des campagnes de sensibilisation.

LA MAIRIE CONFIRME LES 10 HA

Dans sa démarche, la plateforme « Développement durable de Mbao » s’est rapprochée de la mairie pour en savoir davantage. « Nous avons rencontré le maire et nous lui avons posé la question à savoir si cette affaire des 10 hectares existe. Il nous a fait savoir que c’était le cas », renseigne ce membre de la Plateforme. Contacté par «L’As», le maire Abdoulaye Pouye a confirmé la thèse avancée par les jeunes. «Je confirme effectivement que le ministre Abdou Karim Sall veut donner 10 ha de la forêt classée de Mbao à Abdoulaye Timbo. Pour le moment, c’est tout ce que je peux dire, en attendant qu’on finisse de se réunir entre nous au niveau de la municipalité. Ensuite, on pourra donner plus de détails», a répondu le maire de Mbao au bout du fil. En plus du point de presse, la Plateforme «Développement durable de Mbao», envisage de rencontrer le ministre de l’Environnement. «Nous envisageons de le rencontrer pour comprendre pourquoi le choix de la forêt classée de Mbao. Nous ne sommes ni avec le maire, ni avec Abdou Karim Sall. Nous sommes là pour les intérêts des habitants de Mbao. Nous allons rencontrer les dignitaires de Mbao et les informer de ce qui se passe. Ils veulent se partager ce qui reste de cette forêt mais nous ne les laisserons pas faire », a ajouté notre interlocuteur.

CELLULE DE COM DU MINISTRE : «Abdou Karim Sall n’a rien à voir avec ce projet»

Les accusations de la plateforme «Développement durable de Mbao» ont été balayées d’un revers de main par la cellule de communication du ministre de l’Environnement et du Développement Durable. Il s’agit, à leurs yeux, d’allégations fallacieuses de politiciens encagoulés. La cellule communication précise d’emblée que le ministre Abdou Karim Sall n’a pas le pouvoir de déclassifier une forêt classée qui est une prérogative unique du président de la République. A l’en croire, seul le chef l’Etat peut prendre un décret pour déclassifier et affecter. Par conséquent, prêter au ministre de l’Environnement l’intention d’octroyer une partie de la forêt classée de Mbao, c’est ignorer les textes. La cellule de communication du ministre Abdou Karim Sall précise qu’il y a une procédure à suivre pour déclassifier une forêt sur instruction du chef de l’Etat. C’est le chef de l’Exécutif local qui va convier une consultation publique sur le projet avant d’en faire un rapport au chef de l’Etat qui va prendre un décret. La prérogative du ministre de l’Environnement est d’instruire ses services pour qu’ils exécutent le décret. Le ministère est d’ailleurs conforté dans son argumentaire par les délégués de quartiers de Pikine. Face à la presse, ils ont rappelé au Président Macky Sall sa promesse de déclassifier une partie de la forêt classée de Mbao pour en faire un cimetière. Les délégués de quartiers ont plaidé pour l’octroi des 10 hectares promis par Macky Sall parce que le cimetière de Pikine est devenu plein pour accueillir des morts.

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