Politique

Dakar, une capitale sans capital

Le compte administratif de la Mairie de Dakar a été voté hier à l’unanimité par les conseillers municipaux. il ressort du rapport de la Commission des Finances que la ville de Dakar s’enlise dans d’énormes difficultés qui ont pour noms : faiblesse de la masse salariale, faible niveau de recouvrement des impôts et déficit budgétaire. Ce lugubre rapport a été présenté devant la mairesse de la capitale, Soham Wardini, qui présidait la rencontre.

La mairie de la capitale serait elle dépourvue des moyens de sa politique ? La réponse est évidemment affirmative, si l’on se fie au rapport présenté hier par les membres de la commission des Finances devant les conseillers municipaux. Particulièrement sombre, le document met en exergue toutes les difficultés que rencontre la Ville de Dakar. «L’examen du compte administratif a permis de dégager en matière de recettes les constats suivants : l’existence d’écarts significatifs entre les prévisions et les réalisations. Ces écarts s’expliquent par le faible niveau de recouvrement des impôts locaux résultant de la suppression de la patente et de la non disponibilité de la nouvelle Contribution Economique Locale (CEL)», relève-ton dans le rapport qui révèle que cette situation a entrainé une chute drastique des recettes de fonctionnement de près de 17 milliards Fcfa par rapport à 2017. Des difficultés, selon le Directeur Administratif et Financier (Daf), qui se sont soldées dans les résultats de l’exécution budgétaire 2018 par un déficit de près de 5 milliards Fcfa. Compte tenu de l’évolution erratique du recouvrement des impôts locaux constatée depuis plusieurs années, explique le Daf, la ville rencontre de réelles difficultés de maitrise de sa situation financière. A l’en croire, depuis la mise en place de l’Acte 3 de la décentralisation, les finances de la Ville de Dakar ont subi une perturbation et des baisses importantes. Sur la non réalisation des grands projets d’investissement qui avaient été prévus, les services financiers estiment qu’elle est la résultante des difficultés de trésorerie et de l’absence de ressources d’investissement conséquentes.

 Le faible niveau de recouvrement pour les produits domaniaux, souligne le Daf dans le rapport, s’explique aussi par l’absence de recettes attendues issues de la location de cantines et d’espaces au niveau des centres commerciaux construits par la Ville comme l’espace Kermel ou le centre commercial Djily Mbaye. Il rappelle par ailleurs que la masse salariale du personnel de la Ville a baissé. Une situation due en grande partie au transfert de personnel aux communes dans la prise en charge de leurs nouvelles responsabilités dans le cadre de l’Act 3 de la décentralisation. Soham Wardini relativise Malgré les difficultés que traverse sa mairie, Soham Wardini refuse de basculer dans le pessimisme. «Les difficultés sont dues à la patente qui été reformée, mais je pense que les choses sont en train de se régulariser», soutient t-elle.

Optimiste, elle renseigne que s’est tenue une rencontre avec le ministre des Collectivités territoriales pour discuter de cette question. «Ils ont commencé à trouver des solutions. Donc, je pense que nous pourrons terminer tranquillement l’année 2019. Et l’année prochaine, avec le nouveau budget, nous pourrons beaucoup faire». Revenant sur sa nouvelle orientation budgétaire, Soham Wardini a indiqué que la mairie de Dakar ne mise pas gros avec juste la nouvelle construction d’un immeuble et la réhabilitation de l’hôtel de ville. «Nous avons le gros chantier de Dakar ville propre et nous pensons que nous ferons des résultats», déclare la remplaçante de Khalifa Ababacar Sall.

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