Politique

Décret portant nomination du maire de la capitale : AJ/Pads juge qu’un « tel projet de retirer Dakar du champ de la gouvernance démocratique locale constituerait un recul démocratique d’un siècle »

Le secrétariat permanent d’Aj/Pads réuni ce mercredi 12 février 2020, a appris avec stupéfaction la tentative de la délégation de la mouvance présidentielle d’introduire dans le dialogue politique un projet dont l’essence est d’enlever aux citoyens de Dakar le droit de désigner leur maire et de conférer au Président de la République le pouvoir de nommer par décret une autorité chargée de conduire les destinées de la capitale.

Cette façon de faire nous rappelle tristement le fameux parrainage introduit au dialogue de 2017 et rejeté par la totalité des participants hormis la délégation du pouvoir et ses affidés mais malgré tout introduit à l’Assemblée nationale et voté dans les conditions que l’on sait. Il s’en est suivi l’élimination de l’essentiel des candidats à la présidentielle de février 2019.

Ce nouveau coup fourré est d’autant plus inquiétant qu’aucune commission n’a envisagé ce genre de question dans ses termes de référence.

Un tel projet de retirer Dakar du champ de la gouvernance démocratique locale constituerait un recul démocratique d’un siècle quand on sait que Dakar vote et élit son maire depuis plus d’un siècle. 

A partir de la loi du 28 mars 1882, les maires et les adjoints de Dakar ne sont plus nommés mais élus par des conseils municipaux, eux-mêmes choisis au suffrage universel direct pour une durée de six ans et renouvelables par moitié tous 1es trois ans ».

Nous savons par ailleurs que de sinistres personnages ont été ajoutés in extremis dans le dialogue à la faveur de l’ajout unilatéral de 40 personnalités dont beaucoup, faut-il le rappeler, ne soulèvent aucune objection de notre part sous le rapport de leurs compétences ou de leur moralité. Ces personnages font aujourd’hui circuler des documents portant suppression dans la constitution de la limitation des mandats.

Tous ces phénomènes se manifestent alors que, dans le même temps, la cause principale qui est à la rupture du consensus sur les règles de dévolution démocratique et pacifique du pouvoir n’est pas encore examinée.

Pour toutes ces raisons, notre parti appelle l’opposition et toutes les forces démocratiques et citoyennes au dialogue à faire preuve de la plus grande vigilance.

Il appelle les autorités religieuses parties prenantes au dialogue de par leurs représentants, à prêter une grande attention à tous ces mouvements qui pourraient discréditer l’énorme travail qui est entrain d’être abattu par tous les collèges d’acteurs.

Enfin le Président de la République est enfin interpellé dès lors que c’est lui qui a initié cet exercice.

Dakar le 12 février 2020

Pour le Secrétariat permanent Le Directeur de l’Ecole du parti Ibra Mboup

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