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Gandiaye – Santé : Entretien avec Madame Khady NDAO, une des matrones : Parcours, conditions de travail, la vérité sur le blocage du contrat entre un GIE, l’ambulancier et le Maire

Le 16 Janvier 2020, Gandiaye infos, a visité le district sanitaire de la commune dans le but de s’informer sur son fonctionnement et éventuellement profiter de l’occasion pour réaliser un entretien avec une des matrone « Madame Khady NDAO ».

Pour donner suite aux salutations, comme il est coutume de faire dans notre pays, nous sommes allés directement au but :

Madame Khady NDAO, vous faites partir des matrones qui travaillent dans la commune de Gandiaye. Pouvez-vous nous expliquer le rôle d’une matrone ?

D’abord, il faut noter que nous sommes dans cette maternité depuis 1978. A cette époque, il n’y avait ni d’infirmier ni de sage-femme. C’est nous qui faisons le tout : accouchement, CNP, CPON, les rapports de fin du mois. C’est lorsque qu’on nous a affecté pour la première sage-femme qu’on a vu notre périmètre d’action se réduire à celui d’une matrone.

Il y a combien de matrone à ce jour au niveau de la maternité ?

Au départ nous étions sept (7) matrones. Cependant elles ont tous démissionné. Il reste que Amy GUEYE et moi qui sont là et qui continuent d’aider les femmes de la commune de Gandiaye.

En moyenne-vous enregistrez, combien de cas d’accouchements par mois ?

Environ 30 femmes plus ou moins.

Il y’a-t-il des cas d’évacuation vers l’hôpital régional de Kaolack pour des complications ? Comment procédez-vous ?

Cela relève des compétences de la sage femme pour décider quand et qui évacuer. Si on observe de cas d’urgence, on l’appelle pour la suite.

Vos conditions de travail : quelles sont les améliorations à faire ?

Les conditions sont vraiment précaires. Il faut commencer par réhabiliter ou construire un nouveau bâtiment pour la maternité. Nous n’avons pas de matériels, ni rien. Nous sommes laissés au merci, de tout.

Depuis des années, nous travaillons sans contrat, et espérons pas avoir une retraite. C’est dommage mais nous vivons dans cette situation ici à Gandiaye. Nous avons déposé partout dans ce pays, mais comme d’habitude le manque d’appui communément de bras long, nous empêche de prospérer.

Pour les rémunérations, est-ce que cela est raisonnable, comparer aux autres communes comme Gandiaye ?

Je ne saurais pas dire pour les autres. Cependant pour Gandiaye, les rémunérations sont faibles maintenant. Au paravent, on ne se plaignait pas du tout. Actuellement on nous paie en fonction des recettes.

Tout a démarré, lors que l’ancien infirmier est tombé malade et après son décès nous sommes tombés dans la situation de non-retour : rémunérations faibles et des impayés. Qu’Allah l’accueille au paradis.

Je souhaite que votre situation soit résolue au plus vite possible.

Par ailleurs, nous avons des informations sur la démission de l’ambulancier du district. En savez-vous quelque chose ?

Effectivement, il ne travaille plus. Il était mal payé et en plus ils ont voulu réduire ce peu qu’il avait en terme de rénumération. Il est père de famille. Il y a un GIE qui lui a proposé un contrat pour qu’il continue de travailler le temps que la mairie et le district sanitaire décantent leur situation financière. Cependant, ce contrat avec le GIE n’a pas abouti car d’après nous sources, c’est le Maire de la commune de Gandiaye, qui a porté sa préférence sur un autre chauffeur que le Ministère de la Santé devra lui envoyer. Mais le problème est que depuis lors (bientôt un mois), rien.

Un GIE qui valait prendre cela en charge ?

Oui, un GIE qui voulait prendre cela en charge et de le payer pour le bénéfice de la population. J’ai des preuves de ce que je dis. Mais pour des raisons politiques cela n’a pas abouti, sur décision du maire. Il faudra prendre contact avec l’ambulancier, il t’en dira plus.

Durant votre carrière, qu’est qui t’a marqué le plus ?

Beaucoup de choses. Ce qui me plait le plus, moi Khady NDAO : je suis né à Gandiaye et y avoir grandi. Je me sens fier d’avoir servi ma commune natale même si je reste sans salaire, je vais continuer à travailler.

J’ai 22 « Tourandos » (homonymes en wolof). C’est un grand plaisir ça. Et cela compte beaucoup pour même. C’est plus qu’une énumération. Il n’y a pas plus que cela dans la vie.

Qu’est ce qui explique qu’à ce jour, de plus en plus de femmes préfèrent aller accoucher à Kaolack ou à Sagne Mbamara, qu’à la maternité de Gandiaye ?

Ah ! Je cherche la cause toujours mais je n’ai pas encore d’ample information sur ce fait. Nous continuons à faire notre analyse. Peut-être c’est le fait que l’hôpital de Sagne est nouveau. Tu sais nous Sénégalais, on adore tout ce qui est nouveau sous nos yeux. Je constate que c’es derniers temps, elles commencent à revenir.

Nous avons demandé à quelques femmes, le pourquoi ? Leurs réponses est plutôt d’ordre financier car selon elles. A sagne Mbambara, il y a une subvention de la part du Marabout contrairement à Gandiaye. Vous en pensez-quoi ?

Je pense ce sont les subventions du marabout. C’est positif. A Gandiaye on n’a pas cela.

C’est donc sur les recettes qu’on vous paie ?

Oui ! C’est cela. On nous paie en fonction de la recette.

Madame, votre mot de la fin ?

Je demande que la mairie nous aide. Les recettes que nous avons ne peuvent pas satisfaire le fonctionnement. Gandiaye est érigé en commune depuis 1996. Depuis, la mairie n’a jamais embauché personne. Je leur demande de faire un effort.

La santé est indispensable.

Gandiaye Infos, vous remercie énormément du temps que vous nous avez accordé et des réponses précises apportées à nos questions dans cette ambiance décontractée.  Qu’Allah vous assiste. Ce n’était pas évident, de nous recevoir aujourd’hui même.

Merci Ibrahima. C’est à moi de vous remercie. Vos questions sont claires et précises et tu es un garçon poli. QU’Allah vous accompagne et fasse de Gandiaye Infos, une télévision nationale car Gandiaye en a besoin.

Le prince de Gandiaye Infos

 

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