Culture

Historique de Gandiaye

Niakhabane est le totem de Gandiaye; ainsi toute femme qui vient rejoindre sa maison conjugale ou quitte Gandiaye était amenée à faire des tours de l’arbre pour espérer une protection de sa famille et d’elle même; aussi elle devra y faire son premier linge et les femmes gardiennes de la tradition qui l’accompagneront ,pourront à la suite de cet acte avoir des indices sur ses qualités.

On raconte que lors de la construction de la route nationale N°1 Niakhabane s’était mis en colère et avait bloqué les machines parce que les travaux de terrassements constituaient un danger pour ses enfants; cela a conduit au déplacement du tracé initial de la route.

Actuellement le baobab est tombé mais il reste toujours le puits utilisé par les populations.

Gandiaye a été restructurée et développée pendant la période coloniale en même temps que toute l’assiette commerciale fut organisée pour le commerce de l’arachide. Elle faisait alors partie des multiples comptoirs ou plutôt escales de la région de Kaoloack. Mais son histoire remonte à bien avant la pénétration des Blancs. Des anciens du village racontent encore l’histoire de Gandiaye, en voici une version.

De Ndiagnoume Diogoye à Gandiaye:
Au XI siècle, le royaume du Sine était dirigé par Bour Sine Maissa Waly Dione. Un jour à Fissel un des lieutenants du roi portait à sa connaissance son désir de fonder son propre royaume et obtenir ainsi son autonomie. Le roi refusa catégoriquement et lui fit savoir qu’il pourrait diriger un village et non un royaume. Diogoye Gnilane Diouf décida alors de s’exiler avec Khoume Nokhane Diouf, Bouba Siga Diouf et Diéno Thioula Diouf. Ils s’installèrent à Sakhao où ils menaient leur vie durant sept bonnes années. Ils se déplacèrent pour venir s’installer au site actuel de Gandiaye
(GUUY BAAK) avec leurs familles et leurs troupeaux, à côté d’un marigot.

Cependant le marigot était aussi le lieu d’abreuvage des animaux féroces, qui mangeaient leurs troupeaux. Ainsi il appela un marabout du nom de DIAGNE qui décida de tarir le marigot à condition qu’il lui fasse un << khor >>. Cela consiste à lui donner dix esclaves et dix animaux domestiques ( bœufs , mouton, chèvre, âne, cheval, poule,…). Lorsque l’accord fut conclu, le marabout enterra sur la rive un talisman et, une à deux semaines plus tard, le marigot tarit. A partir de ce moment, ils s’installèrent en toute quiétude.

Le rite voulait qu’un feu soit allumé la nuit en guise de symbole, de proclamation de l’existence du village. Et pour cela, l’honneur revenait au marabout. Il s’était trouvé que le même jour, il devait faire la même chose dans un village se situant dans le Diambour ( actuelle région de Louga). Nonobstant la distance, il monta sur un âne et se dirigea vers Louga. Il arriva avant la prière du crépuscule et alluma le feu du village de Ndiaga et lui donna le nom de Ndiagnoume Ndiaga. Avant la prière du <<Guéwé>> du même jour, il retourna et alluma le feu du village de Diogoye et lui donna le nom de Ndiagnoune Diogoye. Les Sérères ne pouvant prononcer Ndiagne, dirent Andiaye qui est devenu Gandiaye.

La configuration actuelle de Gandiaye suit la même logique que celle des villes du reste du Sénégal. Tous les services sont placés le long de la voie de communication, la Nationale 1, dont la construction date de 1944. Il s’agit d’un aménagement en général acceptable pour des petites villes, mais celle-ci se gonflent ensuite à la mesure de leur développement. Le plan damier s’aligne alors à cette route. Ce type de configuration laisserait croire que la route précède l’agglomération. en réalité, Gandiaye est plus ancienne, mais elle s’est peu à peu développée autour de cette dernière pour ce scinder en deux quartiers, respectivement Ngaraff au nord et Ngoulang au sud. Sa configuration témoigne de la période coloniale. Il est bien entendu qu’un village pouvait exister avant l’emprise française, mais il a dans tous les cas étés remodelés pendant cette période. Retenons quelques dates correspondant à l’évolution de Gandiaye sa dynamique urbaine.

Les premiers alignements de Gandiaye ont lieu en 1919. Cinq ans plus tard, Gandiaye est lotie. Aujourd’hui elle respecte un quadrillage relativement régulier. L’arrivée des libanais et des européens a obligé les Sérères à s’installer plus au nord dans le quartier de Ngaraff et Ngoulang qui ne se développent qu’une trentaine d’années plus tard, au sud de la nationale. Ces quartiers se sont petit à petit étendus vers l’ouest et ont donné naissance aux sous- quartiers de Diamaguène et de Tokondama .Longtemps le rôle joué par Gandiaye était administratif, en temps que chef – lieu du canton de Diokoul- Gandiaye mis sur pied en 1898 par les colons français. En 1972, avec la création des communautés rurales, elle devient le chef-lieu d’arrondissement et en 1996 elle devient commune.

Catégories :Culture, Société

Tagué:

Merci de laisser vos commentaires !

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.