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Mali : L’ancien PM, Moussa Mara, fait la chronologie de la chute de Ibrahim Boubacar Keïta.

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« La crise s’est exacerbée pendant un mandat et un demi-mandat du président IBK »

« Ce qui est arrivé dans notre pays est un événement malheureux. Parce que la chute non-constitutionnelle d’un régime ou le départ non-constitutionnel d’un président, c’est une chose qu’il faut regretter et condamner. Malheureusement, c’est arrivé. C’est la conséquence d’une crise qui n’a jamais trouvé un épilogue, depuis une dizaine d’années. Une crise qui s’est exacerbée pendant un mandat et un demi-mandat du président IBK ».

« IBK est en résidence surveillée »

« Le président Ibk a démissionné, mardi soir. Il a été retenu brièvement dans le camp de Kati. Aujourd’hui, il est en résidence surveillée dans une villa où lui-même recevait ses hôtes de marque. Il n’est plus libre de ses mouvements. Ce que je retiens c’est que c’est un énorme gâchis, une perte de temps. Parce que le président Ibk a été élu en 2013 de manière incontestable ».

« IBK disait un truc et faisait le contraire »

« À l’époque, son mandat avait démarré sous les meilleurs auspices. Malheureusement, au fil du temps, les choses se sont effilochées. En 2018, il a été réélu dans des conditions beaucoup plus difficiles. Il y a eu beaucoup de contestations. On avait l’impression d’aller de crise en crise. C’est vraiment un gâchis. Ce gâchis s’explique par son incapacité à décider ou à respecter ses promesses. Ibk était l’otage de son entourage. Il n’était pas autonome dans ses prises de décision. Il disait un truc et faisait le contraire ».

« Le plus important aujourd’hui, c’est de tourner la page Ibk »

« Le plus important aujourd’hui, c’est de tourner la page Ibk. Il ne faut pas envisager de réinstaller le président Ibk. Il faut tourner la page. Qu’est-ce qu’il faut mettre dans cette nouvelle page ? Il faut considérer cet évènement, bien que malheureux, comme une nouvelle opportunité. Au Mali, beaucoup ne sont pas d’accord avec la Cedeao sur la réinstallation de Ibk. Ce n’est pas envisageable en tout cas. Ce n’est pas réaliste. Aujourd’hui, la question c’est : quelle transition mettre en place ? Nous sommes à l’aube d’une nouvelle période. Qu’est-ce qu’il faut faire de cette nouvelle période ? »

« La transition se fera avec des civils »

« Les militaires, eux-mêmes, ont indiqué que la transition se fera avec des civils. Je pense qu’il est impensable de penser qu’un pouvoir militaire puisse prospérer aujourd’hui. Les transitions doivent comporter des acteurs militaires, pour plus d’objectivité. Les militaires, étant des forces neutres par définition, ils peuvent jouer un rôle. Quel rôle ? Dans quel cadre ? Avec quel objectif ? Dans quel chronogramme ? C’est de cela que nous devons convenir rapidement. »

« Aller vers la Fédération du Mali »

« Il faudrait que nous allions vers ça. Mais, nous devons le faire de manière très pragmatique. Aujourd’hui, on peut avoir des ambassadeurs communs à l’étranger. En France, par exemple, ou peut avoir un ambassadeur qui représente en même temps le Sénégal et le Mali. On peut décider d’avoir un ministère commun de la Défense. C’est de cette manière pragmatique qu’on peut mettre les deux pays ensemble. Aujourd’hui, le Sénégal est le premier partenaire du Mali ».

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