Kaolack

Portrait Gamou 2019 : Mame Khalifa Niass Léona Niassène

Plus connu de par son nom familier de tous, Mame Khalifa Niass ou Khalifa El hadji Mouhamad est né le Vendredi 29 juillet deuxiéme jour du ramadan de l’an 1879 du calendrier gregorien correspondant à l’an 1298 de l’hegire à Sélik dans le Nioro du rip (Saloum – Senegal). Sa mère, Aminata Thiam était la fille de Cheikh Ibrahima Thiam Serigne Kelelle oncle maternelle d’el Hadj Abdoulaye ; la surnommé Oumoul Massakine en raison de l’aide qu’elle apportait constamment aux démunis, était une femme de bonté, de douceur et de pièté.

Le jour de son baptème est d’une importance crucial, car durant ce jour, son père raconte qu’il a rencontré le Prophete Mouhamad (psl) à l’état de veille et en plein jour, notre attention est aussi attiré ici par le fait que le Prophète d’Allah (psl) a introduit sa langue bénite dans la bouche de Mame Khalifa alors qu’il le tenait dans ses bras, la salive du Prophete(psl) possede des vertues miraculeuses reconnues…

Cette rencontre qui n’est pas forfuite sera relaté plus tard dans un de ses poèmes.

Notre personnage grandit sous l’ombre de son père bienveillant, qui l’envoya à l’âge de 7 ans, apprendre le Coran chez le maitre Hassane Cissé Coumba Darmane du village de Djossong entre Passy et Sokone, très tôt il se fit remarquer par son intelligence, sa grande faculté à mémoriser les textes au point qu’il écrivit sur la planchette de bois qui lui servait d’ardoise, son premier poème à peine arrivé à la sourate Moulki (le royaume) :

« Il me prit dans ses bras soyeux, doucement, affectueusement, jusqu’à dissiper dans mon cœur tous mes doutes et craintes… »

Le maitre ne tarda pas à le découvrir, il en fut ébahit et par crainte, le renvoya chez son père.
De retour à sa concession, son père l’appela pour lui révéler ce qui s’est véritablement passé le jour de son baptême : son entretien avec le Prophète, chose qu’il n’ignorait point car c’est la nostalgie de cette rencontre qui l’a poussé à écrire ce poème…
Il resta près de son père qui parachève son éducation ainsi déjà à 18 ans, il maitrisait la science de l’exégèse, celle des traditions, l’orthoépie, la théologie, le mysticisme, la philosophie, le droit, la grammaire, la logique, la rhétorique, la philologie, la prosodie, l’arithmétique, la géométrie, la pharmacopée, la médecine et le tout coiffé d’un parfait maniement de la langue arabe, un véritable don lui-même avait l’habitude de dire :

« Je ne saurais dire si ma langue maternelle est le wolof ou l’arabe … »

Mouhamad Niass prit le wird Tidjani des mains de son père. Père qui lui accordait une confiance totale, il était son confident, Cheikh, ami, il le surveillait et le sollicitait en permanence pour gérer ses affaires.
Etant jeune, il s’était essayé au commerce, notamment en important, par wagons entiers, du cola et des chevaux du Mali. Ces marchandises, qu’il faisait placer auprès de ses disciples ont vite fait sa prospérité, mais seule la lecture l’intéressait, surtout des ouvrages rares dont la plupart étaient des manuscrits originaux. Il se vouait entièrement à la quête desdits livres.

En 1901, le village de Taïba Niassène fut détruit par les Français et les biens de son père confisqués suite à l’accusation à tort contre ce dernier d’inciter à la révolte les populations. El hadj Abdoulaye et sa famille se réfugièrent, ainsi qu’un nombre important de disciples en Gambie, d’abord à Keur Samba Yacine, puis ensuite à Sam où ils séjournèrent jusqu’en 1910. Date à laquelle le père et le fils accompagné par El hadj Mouhamad Zeynabou, un autre fils d’El hadj Abdoulaye entamèrent leur voyage à Fès pour faire la ziyara à la tombe de Seydi Ahmad Tidjani RA, ils partirent en bateau à partir de Foundiougne (dans l’actuel région de Fatick) jusqu’à la ville de Tanger d’où leur périple débuta, à pied, à dos de cheval et en train jusqu’à la destination finale. C’est à Fès qu’il composa de mémorables élégies en honneur de son maitre al Tidjani, il fît aussi la rencontre avec d’importantes personnalités de la zawiya mère comme Sidi Ahmad Skiridj Iyashi.

Durant le séjour de son père à Fès, Mame Khalifa décida de continuer faire par la même occasion le Pèlerinage à la Mecque, il s’embarqua dans un bateau en partance pour la ville de Marseille en France, de là il prit un train, l’Orient Express jusqu’à Istanbul en Turquie où il transite par un autre train le Hedjaz Railways qui le mènera jusqu’à la ville de Médine où il pût commencer son Haaj. A la fin du pèlerinage il retrouve son père à Fez pour effectuer ensemble le voyage du retour. C’est une fois revenu au Sénégal, en 1911, qu’El hadj Abdoulaye fit établir sa famille dans la ville de Kaolack chef-lieu du cercle du Sine-Saloum ; étant déjà épuisé par l’âge au point qu’il ne put regagner la Gambie où il avait laissé sa famille, c’est Mame Khalifa qui fût chargé d’aller les ramener. El hadj Abdoulaye Niass implanta sa Zawiya et son université dans sa nouvelle cité Leona, et son influence recommença à augmenter considérablement ; les gens affluaient de partout pour recevoir une Ijaza ou tout simplement prendre le Wird Tidjani, c’est ainsi que de nombreux contacts se sont noués notamment avec le Fouta par Tafssir Bala Seck et Tafssir Moustafa Thiam et bien d’autres personnalités des contrées environnantes.

En 1918 à la fin de la première guerre mondiale, les colons essaient de raffermir les liens qui les lient aux colonisés du faite que ces derniers les ont aidés lors de la guerre ainsi ils organisent une cérémonie de remerciements dans tous les cantons, des lettres adressés aux populations sont écrites en arabe et en français destinés à être lu en public, lors de la cérémonie prés de Leona, un interprète est choisi mais ni la traduction ni la lecture ne conviennent au Commandant de Cercle, alors un de ses conseillers, un dénommée Samba Tall originaire de Saint-Louis, lui propose un fils d’el hadj Abdoulaye qui maitrise très bien l’arabe pour la traduction et la lecture de la lettre aux autochtones c’est ainsi que Mouhamad Khalifa se fît distinguée une première fois par le Commandant de Cercle qui fût ébloui de sa parfaite maitrise de la langue arabe palpable à travers sa traduction. Peu de temps après, le Commandant sorti un décret pour le nommer Chef de Canton de Djouroup, chose que refusera El hadj Abdoulaye disant que son fils ne sera nommé que par Seydi Ahmad Tidjani (RA), et même plus tard la fonction d’assesseur du tribunal coutumier et musulman lui sera octroyé par le Commandant Brocard et encore une fois l’offre est déclinée.

Mouhamad Khalifa s’occupe en personne de l’enseignement de ses frères. Son père prit le soin de le recommander à tous ses disciples et l’intronisa en tant Khalife en présence de tous, fils, disciples et Mouqadam, moment que Mame Khalifa immortalisa dans un de ces poèmes.

L’année 1922 fût témoin de la disparition d’une des plus grandes figures Tidjani de l’Afrique Noire, le 9 juillet, Le Soleil de la Guidée, El hadj Abdoulaye Niass s’éteignit.
Quelques années après avoir pris la succession de son père, plus précisément en 1927, Khalifa Mouhamad Niass retourna à Fès où il obtient une Ijaza Itlaq réputé difficile à obtenir car n’étant pas donné à qui veut, celle du khalife suprême Sidi Mahmoud ibn Mouhamad al Bachir Tidjani (R.A).

Son khalifat fût très hiérarchisé et tous ses frères y été inclus :

– il s’occupait personnellement de l’Université et dispensait les enseignements aidé de quelque uns de ses frères comme Cheikh Omar entre autres
– El hadji Muhammad Zeynabou s’occupait de relations extérieures
– El hadj Babacar al kabir était l’imam de la mosquée
– Cheikh Ibrahima (baye) s’occupait du Daara et des champs de Kossy
– Mouhamad Shafihou gérait la concession
Mame Khalifa s’était donné pour mission de maintenir l’orthodoxie dans laquelle leur père les avait encré c’est-à-dire : le Travail, le goût pour la Connaissance et la Piété.

Mame Khalifa Niass l’Ascète et Citoyen du Monde

L’homme à la grande moralité :

Tous ses hagiographes s’attachent à le décrire comme une personne ayant la moralité du Prophète Mouhamad (psl) ;
Mame Khalifa était petit de taille, noir et très mince, il était un ascète, un véritable soufi, il était une personne très douce, calme et serein, il parlait très peu en dehors de son enseignement et ne haussait jamais la voix, aussi il dormait très peu et pouvait passer plus de quatre à cinq heures d’affilées à effectuer des prières, des méditations, des retraites mystiques et des dévotions nocturnes ;

Pudique au possible, il s’interdisait tout comportement qu’Allah n’agrée pas, Il était avant tout d’un caractère exceptionnel et d’une générosité à toute épreuve ; très proche des enfants, de ses disciples et des déshérités. Il n’acceptait jamais de manger seul malgré qu’il ne mangeait presque pas ; aux heures de repas, plusieurs marmites étaient distribuées aux personnes qui venaient juste pour cela. Beaucoup de ces visiteurs étaient visiblement démunis et pauvrement habillés, mais il les accueillait comme s’ils étaient d’illustres hôtes, les installait et partageait avec eux son repas. Il leur servait, lui-même, l’eau et le cola après le repas. Sa maison ne désemplissait pas.

Il accueillait toujours chaleureusement ses hôtes soit Chérifs ou personnalités venue de l’étranger, il leur donnait toujours quelque chose. D’un altruisme singulier, il se dépouillait de ce qu’il avait, aussi chère que cela puisse être au profit des autres, ainsi, il glissait des sommes d’argent, pudiquement, dans leur paume de main ou au fond de leurs poches, comme pour ne pas les gêner. En un mot, quand il donnait, il faisait comme si c’était lui qui prenait le don, car après il était radieux, il était content de la satisfaction de l’autre ou des autres.

Riche par Dieu, ne demandant rien à personne, il fut honoré de grâce qui faisait qu’il ne comptait que sur Dieu. Il n’acceptait jamais les dons que de riches personnes, satisfaites de ses prestations mystiques, lui faisaient. Même les véhicules, très rares à l’époque, lui ont été offerts. Chaque fois, il déclinait l’offre en disant :

« Mon père m’a laissé une charge, celle de lui succéder. Je n’ai pas le droit d’abandonner cette charge pour m’adonner à la grande vadrouille. »

Du matin au soir, il prodiguait ses enseignements avec plein de modestie sur des matières diverses et seul la prise du repas de la mi-journée ou les deux prières du zénith et du crépuscule, entrecoupaient ces riches moments d’enseignement qui, non seulement, lui permettaient de donner une formation directe aux personnes venues pour cela, mais aussi l’entourage et les passants étaient à leur tour abreuvés de cette source intarissable de connaissances.
La plus grande qualité de Mame Khalifa était sans doute d’avoir vécu discrètement sans succomber à la propagande qui était pourtant devenue systématique pour ses autres proches et contemporains.

Il répétait souvent :

La dimension d’un homme de Dieu ne peut être appréciée dans ce monde ; ce monde c’est comme une salle de classe. On consacre son effort pour passer l’examen sans être sûr de rien, même si on est sûr d’avoir bien travaillé. Ensuite, on sort et on attend le résultat. Donc, mes enfants, sachez que se proclamer lauréat avant même de passer l’examen, alors que l’examinateur est là, cela ne mérite pas de la considération !

Le Citoyen du Monde

Mame Khalifa en tant que homme de lettre et citoyen du monde, était bien sûr à l’écoute des avancées en Sciences, ainsi il achetait régulièrement des journaux en langue arabe, pour s’informer et au préalable repérer les néologismes de la langue ; Il connaissait les langues anciennes comme l’Araméen, Il parlait un français correct et avait déjà était initié à la langue anglaise lors de l’exil en Gambie par un de ses disciples appelé Modou Thiam. Bibliophile, il avait acheté de nombreux ouvrages qui constituent le savoir conventionnel en Islam et avait même requis les services d’un scribe maure pour recopier les livres, sa bibliothèque était la plus riche dans toute la région.

Il y’avait une croyance qui circulait selon laquelle l’occupation de La France par les hommes d’Hitler était vu comme une malédiction faite à la France par un africain qui se nomme Cherif Hamallah, un grand Saint Tidjani de Nioro du Sahel au Mali, lequel avait été exilé et maltraité par les autorités françaises. La rumeur s’était répandue à l’époque jusqu’à parvenir aux oreilles du Capitaine De Gaulle, alors chef de la France libre a Londres. Ce dernier ordonna une enquête au service de renseignement, qui avais aussi pour mission de connaître celui qui pouvait lever cette malédiction car Cheikh Hamallah n’était plus de ce monde. Les résultats de l’enquête tombèrent, la malédiction était bien réelle et ses effets continuaient d’aggraver la situation de la France.

Le Général De Gaulle ordonna une enquête secrète pour connaître le détenteur de la force mystique pouvant lever cette malédiction, pour que la France puisse recouvrer la liberté. Tous les indicateurs désignaient Khalifa Mouhamad Niass comme porteur de la force mystique en question. C’est alors que le futur chef de l’Etat français, via les officiers de liaison de la France libre basés à Bathurst, l’actuelle ville de Banjul, entra en relation avec lui.

Il décida de les aider à l’image des Tirailleurs Sénégalais, ainsi le plan d’attaque des français qui était de passer par la ville de Calais lui fût dévoilé à sa requête. Après son analyse mystique, l’antidote fut créé. Mame Khalifa recommanda aux Français de changer leur plan d’attaque initiale prévu par Calais leur prédisant qu’il risquerait d’être recalé. Cette proposition fut passée à la loupe par les autorités françaises qui aussitôt ont découvert que l’ennemi les attendait à ladite ville, le fait de décaler le lieu d’attaque sur une aussi grande distance et en un lieu aussi peu évident que la Normandie, était une de ses exigences.

Les autorités françaises demandèrent l’aval de Mame Khalifa pour lancer l’assaut, il donnât son autorisation en prédisant que les hommes d’Hitler seraient ivre Le Jour J et les troupes françaises et leurs alliés allaient gagner cette confrontation décisive. La bataille de Normandie a ouvert la voie à la Libération de Paris le 25 août 1944, mobilisa 3 millions de soldats, 5 000 bateaux, et 130 navires de guerre, ainsi que 12 000 avions. Au soir du 6 juin 1944, 156 350 hommes avaient débarqué.

Le cycle de Mars, qui avait commencé en 1909, cycle de troubles et de guerres devait se terminer en 1945.
C’est ainsi qu’une décoration lui a été décernée dès la libération de Paris. Cependant, ascète qu’il était et tout à fait dépourvu du goût du paraître, il a, à plusieurs reprises, décliné l’offre de faire le voyage pour aller prendre sa décoration auprès du gouverneur du Sénégal. C’est pourquoi, fait exceptionnel, les autorités françaises firent le déplacement en 1955, pour venir lui remettre solennellement sa décoration, avec un détachement militaire pour lui rendre les honneurs.

Dès leur départ, alors qu’il était entouré de tous ses proches, notamment de son frère cadet, El Hadji Ibrahima Niass dit Baye et de son fils ainé El hadj Abdoulaye dit El hadj Mou Ndaw, Mouhamad Khalifa eut pour première réaction de ranger sa décoration qu’il n’a jamais remise en disant :

« Seule une décoration provenant du Prophète Mouhamad (PSL) peut me donner satisfaction. »

Mame Khalifa Niass avait une réputation d’homme de Dieu dont les prières étaient toujours exaucées ;
De nombreux hommes politiques sont venus le solliciter pour avoir sa bénédiction, nous pouvons citer entre autres, Sékou Touré, Mamadou Dia à qui il avait donné le wird Tidjani alors qu’il était enseignant à Fatick, et surtout à cause de l’amitié qui le liait à son fils ainé, El Hadj Abdoulaye (el hadj Mou Ndaw).

Nous citerons également Modibo Keïta, Horma Ould Babana, député de Mauritanie, Felix Houphouët Boigny, Maître Lamine Guèye, Djim Momar Guèye, Abass Guèye, ainsi que l’ancien maire de la commune de Kaolack et fondateur du BDS, Diaraf Ibrahima Seydou Ndao, sans oublier Léopold Sédar Senghor premier président de la république du Sénégal.

Toutes ces personnalités venaient pour lui demander des prières, et aussi pour obtenir son soutien politique. Seul Senghor obtint ce soutien publique, additionné à ceux des deux autres khalifes que sont Serigne Babacar Sy pour Tivaouane, et Serigne Fallou Mbacké pour les Mourides.

Khalifa noua de nombreuses relations avec les villages à l’intérieur du pays, nous pouvons citer Kouthieye (terre qu’il aimait beaucoup) Thiaméne walo, Sam Khalifa, Mogoo etc. Ces disciples se comptent par milliers dans tout le pays et à l’étranger mais comme L’imam Rifa’i (qu’Allah l’agrée) a dit : « La voie ne peut être évaluée par le nombre de ses adeptes, mais elle s’évalue seulement par l’œuvre du Cheikh de la voie. ».
Avec ses confrères du Sénégal et beaucoup de personnalités du monde, il s’efforçait notamment à entretenir les amitiés noués par son père El hadj Abdoulaye avec les Ulémas du Maghreb, et les Chérifs et dignitaires des Zawiya Tidjani avec qui il entretenait par la suite une correspondance abondante parmi eux : Sheikh Muhammad Val ibn Baba al Alaoui, El Bachir Muhammad ibn Rachid, Abd Rahman ibn Zaydan’, Sidi Ahmad Skiridj, Muhammad Said al Maliki at Tidjani.

Sidi Taieb Tidjani (1952) et Cherif Mouhamad al Habib Tidjani (1954 et 1956) lui ont d’ailleurs rendu des visites d’amitié et les relations entre la Zawiya de Fès et celle de Niassène se perpétuent d’ailleurs de nos jours jusqu’à Cherif Abddoulmoutalleb Tidjani, le Khalife de Sidi Ahmad Tidjani (RA) en Afrique de l’Ouest.

Al Khalifa, Le Pôle

Mouhamad Niass était sans aucun doute, Le Pôle parfait et le secours excellent, détenteur des prodiges abondants et des mérites courants pleine lune du bonheur qui a illuminé les obscurités, le soleil de la guidée, détenteur des stations les plus enviables, des états spirituelles (haal) les plus majestueuses, des lumières les plus rayonnantes, celui qui a accédé aux hautes sphères de la connaissance (ma’arifa) et à la sainteté parfaite (wilaya), doté de la science du dévoilement (kachf), Pourvu de la science de la Clairvoyance (bassira) ;

Il voyait fréquemment le Prophète (psl) et seydi Ahmad Tijani (RA), d’ailleurs c’est l’amour passionnel qu’il voue à ces deux êtres qui le consumait comme la braise consume les matières au point qu’il en même tombé malade.

Il faut avant tout noter que les miracles chez Mame Khalifa Niass tout comme chez les autres Waliyou était perçu comme une obligation liée à la contrainte, pour secourir, faire sortir quelqu’un d’une situation critique voire dramatique. Faire un miracle constituait la limite même de la honte chez eux. Mame Khalifa en a parlé dans son fameux poème « ghawsoul bariyati » Ainsi, le miracle phare des gnostiques est celui de s’attacher profondément aux recommandations divines et celle de la sunna. Ce fut le cas de Mame Khalifa Niass, d’après l’entretien de l’érudit, auteur de (INAAS) Cheikh Tidiane Gaye (qu’Allah l’agrée), avec l’actuel khalife général des Niassène : El hadj Ibrahima Niass, ce dernier a très bien énuméré la façon exceptionnelle dont Khalifa ibn abdallâh Niass était dévoué à la sunna, en effet El hadji Ibrahim évoque le fait que Mame Khalifa n’a jamais cessé d’enseigner le Coran et la sunna à ses adeptes et membres de la famille, même étant âgé ou malade. Ensuite, le fait que ses prières s’exhaussaient instantanément n’était sans doute pas chose à n’egliger. il suffisait tout simplement qu’il dise : « ton souhait je l’ai déjà confié à Cheikh Ahmad Tidjani ».

Plus encore, nous avons recueilli d’El hadji Ibrahima Khalifa, qu’en 1951 dans le Fouta du Sénégal où Mame Khalifa fut accueilli par l’une des petites filles de Cheikh Omar foutiyou Tall (RA) du nom d’Absatou maryama Tall à Horefonde près de Matam, il avait trouvé la ville dans l’inquiétude, causée par beaucoup d’oiseaux et qui ne cessait de détruire les cultures de mil, de maïs entre autre, causant ainsi beaucoup de tort aux paysans, il leur fallait de l’aide. Muhammad Aminata Niass comme l’appelaient affectueusement ses Foutankès prononça une formule composée seulement de trois expressions et réussit à chasser les oiseaux destructeurs du pays d’Hadji Omar Tall et ceci pour un délai de 50 ans dont la cinquantième année à coïncidé avec l’année 2009. A la fin de cette année l’actuel khalife leur renouvela cette prière.

Ahmad Iyane Thiam ressortissant de l’Université de Niassène nous raconte que : dans le Fouta, la tombe d’un fils d’el hadj Omar Tall était perdu et menacé de tomber dans l’oubli, personne ne pouvait savoir où se situait la tombe. Lorsque l’on rapporta la chose à Mame Khalifa, il demanda à ce qu’on le suive, il commença à marcher tout en chantant l’un de ses éloges, sur quelques mètres, il réussit à retrouver la tombe mieux de montrer sa position de la tête aux pieds ; Chose qui lui a valu l’allégeance d’un grand nombre de fidèles foutankès.
Iyane Thiam a évoqué un autre miracle : un homme du nom de Modou Mbaye, aurait acheté dans le marché « mbambara » de Kaolack, des poissons et trouva sur le chemin du retour le sahiboul Fathil akbari Mame Khalifa Niass entrain de prier, Modou rejoignit la prière tout en prenant le soin de poser ses poissons derrière lui. Après avoir fini il rentra et commença à cuir ses poissons, qui restèrent intactes malgré l’effet de l’huile chaude. Effrayé et étonné à la fois, il se rendit aussitôt chez Alkhalifa pour solliciter une réponse à son inquiétude ; « tout ce qui prie derrière moi sera épargné par les flammes » lui renchérit Khalifa Niass.

Parmi ses adeptes, les djinns figuraient en grand nombre, d’ailleurs un de ses talibé le dénommé Samba Djinn et lui, s’échangeait des messages par l’intermédiaire d’Iyane Thiam qui affirme l’avoir rencontré sous un arbre. Pour la plupart des gens la chose la plus miraculeuse chez Khalifa Niass fut le fait d’avoir écrit tant de recueil poétique malgré son agenda très chargé vue qu’il s’occupait à la fois de l’enseignement de l’éducation de la formation, nouait les mariages, présidait les prières. Sans compter la très grande partie de son temps qu’il consacrait aux évocations (zikr) il formulait des milliers de Salat al Fatihi par jour ; Enfin Il n’y a pas de plus grands prodiges que la rectitude, axer sa vie en se cramponnant scrupuleusement au Coran et à la Sounna dans la plus pure orthodoxie sans innovation ni manquement n’est pas donné à tout le monde ;
Tout comme notre bien aimé guide Seydi Ahmed Tidjani (RA), Khalifa Mouhamad cachait ses prodiges et n’aimait point les laisser paraître sans raison devant les gens, par contre on voyait resplendir en lui la meilleure des rectitudes.

Un grand Homme aux dimensions Insondables tant durant sa vie qu’après sa mort, il quitta ce monde terrestre à Kaolack le 1er mars 1959 à l’âge de 80ans, il fût inhumé à côté de son père dans sa Zawiya bénite à Leona Niassène, Sa tombe ne cesse d’être irriguée de miséricorde, à tout instant les visiteurs y affluent, les lumières qu’il hérita de Seydi Cheikh Ahmad Tidjani (RA) ne cesse de se propager. Telle fût la vie d’un être aux multiples grâces.

Catégories :Kaolack, Portrait, religion

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