International

Soupçons de financement libyen: La justice va entendre deux nouveaux témoins

Deux nouveaux témoins vont être entendus par la justice à propos du document publié en 2012 par Mediapart et censé prouver un financement libyen de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy, a-t-on appris ce dimanche de source judiciaire.

Si de nouveaux éléments devaient apparaître, il appartiendrait ensuite éventuellement au ministère public de requérir la réouverture de l’information judiciaire initiée après une plainte de l’ex-chef de l’Etat contre le média en ligne. Dans cette affaire, la Cour de cassation avait définitivement validé en janvier le non-lieu ordonné à deux reprises en faveur de Mediapart, qui était accusé d’avoir produit un faux.

Le document adressé à l’ancien argentier du régime libyen

Ce document, porteur de la date du 10 décembre 2006 et adressé à l’ancien argentier du régime libyen de Kadhafi, Bechir Saleh, avait été publié le 28 avril 2012, entre les deux tours de la présidentielle. Attribué à Moussa Koussa, ex-chef des services de renseignement extérieur de la Libye, aujourd’hui en exil, il affirmait que Tripoli avait accepté de financer pour « 50 millions d’euros » la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

En juillet, le Journal du Dimanche a publié le témoignage d’El-Mahfoud Ladib, un homme présenté comme un ex-collaborateur de Ziad Takieddine, qui affirmait que l’homme d’affaires franco-libanais détenait, avant sa publication par Mediapart, la note controversée. Ziad Takieddine avait assuré ne pas connaître cet homme.

L’avocat de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog, avait ensuite demandé au procureur de la République de Paris l’audition de ce témoin, ainsi que celle d’Yves Omnes, financier français disant pouvoir attester que l’homme d’affaires franco-libanais et El-Mahfoud Ladib se connaissent. Le parquet de Paris a accepté cette demande et ces deux témoins seront donc entendus, selon la source judiciaire, confirmant une information du JDD.

L’authenticité du document non vérifiée

L’enquête pour faux s’était notamment attachée à déterminer si le document était ou non un faux d’un point de vue matériel (forme, signature). « Indépendamment de son contenu », l’enquête n’a pas pu établir de « façon formelle » qu’il s’agissait d’« un support fabriqué par montage » ou « altéré par des falsifications », ont estimé les magistrats instructeurs dans leur ordonnance en mai 2016.

Ouverte depuis 2013, une enquête distincte est toujours en cours pour vérifier les accusations de financement libyen, formulées par Ziad Takieddine et d’anciens dignitaires libyens, tandis que d’autres les ont démenties. Dans ce volet, l’ancien ministre et secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant et Nicolas Sarkozy ont notamment été mis en examen pour « corruption passive » et « recel de détournements de fonds publics ».

Catégories :International

Merci de laisser vos commentaires !

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.